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Report de France - Irlande : la parole est aux indignés »

 Report de France - Irlande : la parole est aux indignés

13/2/2012

Certains supporters étaient inconsolables après la décision.
Certains supporters étaient inconsolables après la décision. (Photo PQR)

"Du côté de Toulon, d’après Boudjellal, ils ont connu la sodomie arbitrale. Eh bien nous aussi..." Il ne décolère pas, Didier, Catalan pur jus, que le “petit-déjeuner” solide que lui et ses potes ont déballé dans la voiture 13 du TGV Paris - Perpignan, hier à l’heure de l’apéro, n’arrive pas à consoler. C’est que, la veille, lui, comme tant d’autres (en fait pratiquement 78 000 amis, comme sur Facebook) ont eu la mauvaise surprise de voir le match France - Irlande tout simplement reporté.

Sine die et surtout “sine respect” pour ceux qui ont l’impression d’avoir été "les cochons de payeurs". "On est monté à douze à Paris et là, ça nous fait 5 000 € balancés pour rien", rajoute, à ses côtés, Jacques, lui aussi choqué par cette décision prise, de l’avis de tous, "dans un pur amateurisme". Et ses voisins d’exprimer le sentiment, général, "d’injustice, de non-respect, de foutage de gueule. Et d’avoir été pris en otage dans une guéguerre entre la FFR et le comité des VI Nations", dans laquelle ils ne comprennent rien. "Ce qui est fou, c’est qu’on ait pris cette décision à cinq minutes du coup d’envoi, rajoute Pascal. Et heureusement que c’était du rugby. Si ça arrive avec un public de foot, eh bien le Stade de France, il brûle."

Un Stade de France qui, selon Régine, venue de Montpellier avec son mari et un couple d’amis, "en a pris un sacré coup sur l’image... La crédibilité de la France à organiser une compétition sportive en a pris un coup. Surtout avec tout le pognon qui a été mis pour chauffer la pelouse... Pour rien."

Polémique et incompréhension

Surtout aussi, après la polémique qui a émergé, la semaine dernière, avec les moyens énormes mis pour chauffer une pelouse pendant que des sans-abris mourraient dans la rue. "On s’est trompé de SDF, plaisante Alain, son mari. Entre Sans domicile fixe et Stade de France..."

Mais bon, au-delà de la plaisanterie, de ce sentiment de non-respect et de celui de l’incompréhension, se pointe désormais la question : qui va payer ? "C’est bien sympa de nous faire dire que les tickets seront bons pour le prochain France - Irlande, gronde Jean-Claude. Mais pour tout le reste, le train, l’hôtel, comment on fait ?"

Pour l’instant, personne ne pouvait répondre. Hier, dans ce TGV de retour, le contrôleur, entre deux gorgées de rivesaltes tuilé gentiment offertes par nos amis catalans, n’avait encore eu aucune question dans ce sens. "Ce n’est certainement pas à la SNCF de rembourser", lâchera-t-il, lui-même choqué par ce qui s’était passé la veille au Stade de France.

Ils ne reviendront pas à Paris

Pour certains, l’idée même de revenir à Paris ne se pose même pas. "On a été pris pour des cons, c’est terminé, claque l’un des Montpelliérains. Personne ne sait si on pourra se libérer le week-end où ils vont décider de reporter le match. C’est même pas la peine d’essayer d’avoir une quelconque compensation. Ce que je souhaite, c’est que le jour où ils joueront, le Stade de France soit vide !"

Même son de cloche du côté des Catalans. "Cette année, on avait décidé de ne faire qu’un seul déplacement sur le Tournoi. Généralement, on fait les déplacements à l’étranger. Là, on s’était dit que ce serait moins cher. Eh bien on s’est bien fait entuber. Le Stade de France, c’est fini, on n’y remontera plus."

Et notre ami du Haut-Vernet de se resservir un petit coup de whisky... irlandais. Avec, comme conclusion, un "Le vrai souci, pour nous, c’est l’Usap." Vu comme ça, on peut relativiser...

LE 3 OU LE 4 MARS ?

La date à laquelle devrait être rejoué ce France - Irlande sera arrêtée aujourd’hui par le Comité des VI Nations. Samedi prochain, un match de Top 14, Stade Français - Toulon, est organisé au Stade de France. L’hypothèse la plus probable semble donc celle du 3 ou 4 mars. Or, des journées de Top 14 sont prévues à ces dates. Ce qui impliquerait pour les clubs un onzième « doublon » après les huit journées disputées pendant le Mondial et les deux initialement prévues pendant le Tournoi.

« C’est un cas de force majeure qui se réglera dans la concertation », a assuré M. Camou. Les contacts avec la LNR ont d’ailleurs débuté dès samedi soir. Pour le XV de France, Philippe Saint-André a d’ores et déjà indiqué que les joueurs seraient rassemblés dès ce soir à Marcoussis si le match était reprogrammé le week-end prochain. Si la solution des 3-4 mars était retenue, les Français disputeraient alors leurs quatre derniers matches du Tournoi 2012 en quatre semaines. 

ET LES BILLETS ?

Ce report de dernière minute a provoqué l’indignation des spectateurs qui ont dénoncé une situation « mal gérée ». L’organisation a assuré que leurs billets seront valables à la prochaine date de la rencontre. Mais beaucoup étaient venus de province et de l’étranger à grands frais. Le plus grand flou régnait hier sur les possibilités ou non de compensation. Aucun voyagiste spécialisé n’était joignable hier. Certains d’entre eux prévoient dans les conditions générales de vente de leur “pack voyage” une assurance annulation. D’autres excluent contractuellement tout dédommagement. La FFR n’a pas exclu de faire un geste, « mais la démagogie n’est pas ma tasse de thé », a déclaré Pierre Camou. 


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